CANOPE academie d'Amiens

Essômes-sur-Marne, hameau de Monneaux – 02 – Temple

 
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Le 28 juillet 1793, la communauté protestante de Monneaux, près d’Essômes-sur-Marne est réunie à l’intérieur du temple nouvellement construit pour en célébrer la dédicace. La construction, commencée deux années plus tôt, en est achevée, son financement ayant été réuni grâce à une souscription lancée à l’intérieur de l’importante communauté des réformés. En 1804, on dénombre ainsi 688 membres dans la communauté protestante de Monneaux, la petite agglomération possédant un des trois lieux de culte répertoriés dans le département de l’Aisne, avec Hargicourt et Lemé. Celle-ci s’était vu auparavant accordée une existence légale sous le règne de Louis XVI, grâce à l’édit de tolérance de 1787, avant que la constitution de l’an III ne consacre la liberté des cultes.

Pourtant l’histoire du protestantisme est ancienne dans la région, puisqu’elle remonte au XVIème siècle et donc au commencement même de la Réforme. A Monneaux, près de Château-Thierry, l’origine est sans doute liée au personnage de Pierre Picherel, prieur de l’abbaye Saint-Férréol d’Essômes-sur-Marne, converti aux idées nouvelles. Ce dernier a attiré à sa suite quelques religieux de la communauté monastique vers 1570. Les deux siècles qui suivent sont faits de troubles pour les membres de la R.P.R., la Religion prétendue réformée, ceux des Guerres de religion, puis de la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Ils forment une importante communauté en Thiérache, au Nord de l’Aisne, où ils gagnent volontiers le « désert », voire l’émigration en ces temps de persécution.

A Monneaux, le temple protestant est d’une construction simple, comprenant un corps de bâtiment principal de forme rectangulaire et percé de six fenêtres, précédé d’une tour à porche surmonté d’un fronton triangulaire. Le tout est curieusement coiffé d’un clocher en 1863, la façade blanchie étant relevée d’éléments de briques rouges en saillie qui en dessinent des éléments de décoration géométrique. Au sortir de la première Guerre mondiale, une autre construction à destination de la communauté protestante du sud de l’Aisne est bientôt inaugurée dans la ville voisine de Château-Thierry, tandis qu’à Monneaux, le temple, éventré à la suite des combats du 10 juin 1918, fait l’objet d’une restauration financée par une église méthodiste américaine.

Marc Nadaux