CANOPE academie d'Amiens

Choisy-au-Bac – 60 – Eglise

 
Choisy-au-bac-60- Eglise.
 
Choisy-au-bac-60- Eglise.

Situé à la confluence de l’Oise et de son affluent l’Aisne, au nord de Compiègne, Choisy-au-Bac est mêlé dès les premiers temps du Moyen-Age à la vie des souverains mérovingiens et de leurs familles, ainsi qu’à celle de leurs successeurs carolingiens. Plusieurs souverains francs sont ainsi inhumés à l’intérieur de l’abbaye Saint-Etienne au tournant des VIIème et VIIIème siècles, comme Clovis III et Clovis V, ou Childebert V, père de Dagobert. Plus tard, en d’autres temps plus apaisés, Choisy-au-Bac est devenu une résidence royale. Et c’est là que meurt en 783 Bertrade de Laon, mère de Charlemagne, sur le lieu de sa retraite après la prise du pouvoir de son fils. La région est pillée et saccagée lors d’un raid normand à la fin du IXème siècle. Et il faut attendre plus d’un siècle avant de trouver la trace de la fondation d’une église paroissiale à Choisy-au-Bac pour ces communautés de la basse vallée de l’Aisne.

 

La construction de l’église actuelle, consacrée à la Sainte-Trinité, débute en effet au commencement du XIIème siècle. De manière inhabituelle pour ce type de monument religieux, c’est avec la nef que les bâtisseurs de l’époque entament l’édification du nouveau lieu de culte. Celui-ci cependant, ses trois travées, a été fortement dénaturé par les restaurations postérieures, celles du XIXème siècle, lesquelles ont mâtinés l’ensemble d’éléments néo-gothiques. Ainsi en est-il pour les fenêtres basses des deux collatéraux, reconstruits en 1853, avec le portail de la façade occidentale ou même le triplet d’ouverture qui le surmonte, datés de 1878. Demeure cet ample pignon de forme triangulaire qui rappelle les élévations médiévales.

 

C’est pourquoi le clocher apparait comme l’élément le plus significatif chez cette église de l’est du département de l’Oise. Fait inhabituel, celui-ci est placé au sommet d’une haute tour plantée sur une bâtière à la perpendiculaire de l’axe de l’édifice. De plus, il paraît fortement disproportionné par rapport à la taille des croisillons du transept, ou même des absidioles du chevet de l’édifice. Le premier étage de cette construction est aveugle, tandis que le second s’ouvre sur trois baies de style ogival sur les faces nord et sud, et même quatre à l’ouest et à l’est. Des contreforts flanquent les angles de l’élévation, jusqu’au niveau des impostes de ces ouvertures à l’étage. Au pied d’une corniche faite d’une suite de petites arcatures en plein cintre, celles-ci sont subdivisées par une colonnette centrale. Ce clocher, que l’on peut dater du commencement du XIIIème siècle, s’ouvre sur trois étroites fenêtres.

 

 

Marc Nadaux