CANOPE academie d'Amiens

Albert – 80 – Monument aux morts, 1914-1918

 
Albert-80-Monument aux morts
 
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A l’issue de la Première Guerre mondiale, la ville d’Albert est quasi-détruite, et donc à reconstruire. Les habitations sont à relever, tout comme les bâtiments publics. Le monument aux morts notamment. Car, avant 1914, place Faidherbe, un ensemble commémorant la guerre de 1870 s’élevait dans la cité d’Ancre. C’est pourquoi, au mois de mars 1934, le conseil municipal décide de l’édification d’une nouvelle œuvre d’art, square du Souvenir, autrement dit face à l’hôtel de ville, inauguré deux années auparavant en présence du président de la République Charles Lebrun. Par les voies d’un concours, la commission municipale des Travaux et des Finances choisit alors le projet d’un habitant d’Albert, Charles Gern.

En 1936, sur un emmarchement, est donc élevé un portique à quatre piliers, lequel supporte un entablement portant mention de l’inscription « Albert à ses morts ». En son centre, une statue, haute de 2,50 mètres, figure une allégorie féminine. De part et d’autres, sur les deux piles latérales, un décor en bas-relief est représenté. A droite, le départ pour la guerre. Là, sous un décor d’arbres, le père mobilisé prononce ses adieux à sa femme, à ses deux enfants. A gauche, le deuil. Sous la couverture d’un laurier, l’épouse du défunt, ainsi que ses enfants, se recueillent sur sa tombe, laquelle porte une croix.

Par son ampleur, le monument aux morts de la commune d’Albert revêt un caractère exceptionnel. Pourtant, le traitement que fait le sculpteur Charles Gern est d’une facture des plus classiques. En 1933, celui-ci avait exécuté deux autres commandes venues de villages des environs, Auchonvillers et Beaumont-Hamel. Dans les deux cas, l’artiste fait également référence au deuil, par la voie d’une allégorie féminine, le tout réalisé en pierres d’Euville, une pierre blanche des carrières de la Meuse.

Marc Nadaux