La forêt rend de très nombreux services à nos sociétés (lutte contre les perturbations de l'effet de serre, production d'eau pure, protection des sols contre l'érosion, créations d'emplois, protection de la biodiversité, et tant d'autres). Mais elle est pourtant touchée de nos jours par une multitude de fléaux, et les menaces qui pèsent sur son avenir se multiplient (les changements climatiques augmentent le nombre des  perturbateurs, tels que les insectes, les maladies et les incendies et accélèrent les modifications du caractère des forêts.). Des solutions existent pourtant et des actions se multiplient en faveur de sa préservation et de son développement durable.

La Terre a toujours besoin de ses forêts : selon un article de The Economist repris par Courrier International, les grands massifs forestiers atteignent inexorablement le point de non-retour. « Environ la moitié du poids sec d’un arbre est constituée de CO2 piégé, dont la majeure partie est libérée lorsque l’arbre pourrit ou brûle. Depuis dix mille ans au moins, l’homme favorise ce processus en coupant et en incendiant les forêts pour étendre les surfaces consacrées à l’agriculture. Environ la moitié du couvert forestier d’origine de la Terre a disparu de cette façon. » La déforestation serait à l'origine de 15 à 17 % des émissions de co2, soit plus que pour les trains, les avions, les bateaux et les voitures circulant dans le monde. De plus « les forêts abritent plus de la moitié des espèces animales de la Terre et sont la source de la plupart de nos aliments de base, ainsi que de beaucoup de médicaments modernes. Elles assurent la subsistance, entièrement ou en partie, d’environ 400 millions des habitants les plus pauvres de la planète. »

Selon la FAO, il n’y a plus que 4milliards d’hectares de forêts sur la planète, et elles couvrent 31% de sa surface . Environ la moitié des forêts se trouve sous les tropiques. Il s’agit principalement de forêts pluviales, ces dernières années elles ont perdu 60 % de leur superficie. De nos jours la déforestation tend à diminuer grâce au ralentissement du rythme au Brésil et en Indonésie. Mais deux menaces importantes compromettent toujours l'avenir des forêts : le changement climatique (3,5 degrés de plus détruiraient la moitié de la forêt pluviale, ce qui libérerait des milliards de tonnes de CO2 qu'elle contient) et l'Homme (si les niveaux de productivité de l'agriculture restent faibles, la croissance démographique entraînera une forte demande supplémentaire de terres agricoles). La pression anthropique sur la couverture forestière mondiale pourrait s'accentuer également du fait de la demande croissante en agrocarburants.

Pour une définition générale de « forêt et développement durable » et la liste des indicateurs d'une gestion durable des forêts, voir la page de l'encyclopédie du site vedura ; vous y trouverez également dernières actualités associées à ce thème.

Pour des études de cas, ou un travail passant par une approche régionale en France, voici quelques pistes. Par exemple, la forêt landaise connut une formidable expansion au XIX° siècle sous l'impulsion de Napoléon III, le but était d'assainir des terres malsaines, des marécages ou sévissait le paludisme. En devenant le premier massif forestier de France, la région vit disparaître du même coup les bergers landais et leurs échasses qui utilisaient ces zones humides pour leurs troupeaux de moutons. Autre exemple, la forêt de Chambord est un domaine national de 5541 ha qui se trouve à proximité de Blois... A Lire ici.

Courrier International propose un autre exemple des conséquences de la déforestation. La Chine souffre de problèmes d'érosion du fait de la disparition d'une partie du couvert forestier suite à une très intense industrialisation (conclusion du VII° inventaire forestier national). Le taux de couverture forestière serait inférieur de 10 % à la moyenne mondiale. Par exemple, dans le Sichuan, la quantité de sable et de boue qui se déverse chaque année dans le courant principal du Yangtsé s’élève à 300 millions de tonnes. La Chine est un des pays du monde qui manquent le plus d’eau : la quantité d’eau douce par habitant n’est égale qu’au quart de la moyenne mondiale. Le phénomène de désertification est également l’un des plus intenses. Le Bureau de l’industrie forestière nationale chinoise montre que la surface érodée du pays est de 3 650 000 kilomètres carrés, soit un tiers de la surface du pays. Mais les évolutions récentes donnent quelques raisons d'espérer : « Selon les conclusions du VIIe Inventaire forestier : de 2004 à 2008, la superficie forestière nationale aurait augmenté de 20,543 millions d’hectares et le taux de couverture forestière serait passé de 18,21 à 20,36 %, soit une augmentation de 2,15 %. Cependant cette augmentation n’a pas enrayé pour autant l’alternance des sécheresses et des inondations. Autrement dit, l’accroissement du taux de couverture forestière n’a pas permis de rétablir l’équilibre naturel du pays. » Cela serait du à la très grande insuffisance des ressources forestières nationales. La surface boisée par habitant ne dépasse pas le quart de la moyenne mondiale. Et donc, si les ressources forestières sont limitées, le rôle écologique qu'elles peuvent jouer l'est aussi, et ce d'autant plus que la qualité de ces ressources est mauvaise. Se pose également le problème de la définition, peut-on appeler (comme dans certaines régions de Chine) forêts, les espaces de monoculture de certaines essences bien moins capables de retenir l'eau, d'emprisonner le CO2 et de préserver les rôles de l'eau et du sol ?

En France, des expériences sont menées pour valoriser la séquestration du CO2 par la filière forestière.  D'autre part, la FAO propose un article de J. S. Maini qui « décrit brièvement le contexte dans lequel se déroulent les délibérations internationales sur la foresterie mondiale et propose un cadre conceptuel pour le développement durable des forêts. Le cadre et les objectifs proposés sont valables pour le développement durable de tous les types de forêts dans le monde, mais la mise en application pratique du développement forestier durable requiert la mise au point de techniques sylvicoles adaptées aux conditions écologiques et socio-économiques locales ». Voir aussi ce pdf de la FAO sur les politiques, institutions et moyens pour un développement forestier durable.

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